PTaaS : Le Guide Complet du Pentest Continu et de la Validation de Sécurité
Le pentest annuel devient obsolète. Face à des cycles de déploiement continus et une surface d'attaque en perpétuelle expansion, les organisations françaises doivent adopter une approche de validation de sécurité continue. Le PTaaS (Penetration Testing as a Service) et le BAS (Breach and Attack Simulation) s'imposent comme les piliers de cette transformation, soutenus par un cadre réglementaire européen qui impose désormais des tests récurrents. DORA exige des pentests annuels minimum et des TLPT tous les trois ans pour le secteur financier, tandis que NIS2 étend les obligations à 15 000 entités françaises. Avec un marché en croissance de 20,5% par an et des économies documentées de 31% par rapport au consulting traditionnel, ce guide vous accompagne dans cette transition stratégique.
14 min de lecture
3x
Moins de violations avec le framework CTEM selon Gartner
65-74j
MTTR moyen pour les vulnérabilités critiques
31%
D'économies vs le pentest traditionnel
20,5%
Croissance annuelle du marché PTaaS
1. Du pentest ponctuel au testing continu : comprendre les nouveaux modèles
Le PTaaS (Penetration Testing as a Service) représente bien plus qu'une simple digitalisation du pentest traditionnel. Cette approche combine une plateforme SaaS centralisée, des outils d'automatisation et l'expertise de pentesters certifiés pour délivrer des tests en continu ou à la demande. Contrairement au modèle classique où un rapport PDF arrive plusieurs semaines après l'engagement, le PTaaS offre une visibilité temps réel sur les vulnérabilités découvertes, permettant aux équipes de développement d'agir immédiatement.
1.1 Différences fondamentales avec le pentest traditionnel
La différence fondamentale réside dans le modèle économique et opérationnel. Là où un pentest traditionnel nécessite 3 à 6 semaines de cadrage et coûte entre 10 000 et 100 000 euros par engagement, le PTaaS fonctionne sur abonnement avec des tests démarrables en quelques jours. Gartner anticipe que les organisations utilisant le PTaaS réaliseront jusqu'à 10 fois plus de tests et atteindront une remédiation deux fois plus rapide que celles restant sur des modèles manuels ponctuels.
Critère
Pentest Traditionnel
PTaaS
Délai de démarrage
✗ 3-6 semaines
✓ Quelques jours
Fréquence des tests
✗ Annuel
✓ Continu ou à la demande
Coût par engagement
✗ 10 000 - 100 000 €
✓ Abonnement prévisible
Livrable
✗ Rapport PDF statique
✓ Dashboard temps réel
Retests
✗ En supplément
✓ Inclus
Intégration CI/CD
✗ Manuelle
✓ Native
1.2 Le BAS : validation continue des contrôles
Le BAS (Breach and Attack Simulation) répond à une question différente mais complémentaire. Alors que le PTaaS cherche à découvrir si un attaquant peut pénétrer vos systèmes, le BAS valide en continu que vos contrôles de sécurité — EDR, SIEM, pare-feux — fonctionnent effectivement. Ces outils simulent des comportements d'attaque alignés sur le framework MITRE ATT&CK, exécutant des scénarios 24h/24 sans nécessiter d'expertise humaine permanente.
Marché BAS en forte croissance
Le marché BAS devrait atteindre 2,4 à 3 milliards de dollars d'ici 2029-2030, avec une croissance annuelle supérieure à 23%. Cette dynamique reflète la prise de conscience que les contrôles de sécurité doivent être validés en permanence, pas seulement lors d'audits ponctuels.
1.3 L'approche hybride : le modèle "centaur"
L'intégration de l'intelligence artificielle accélère cette transformation. Les outils comme PentestGPT ou Synack Sara automatisent la reconnaissance, la génération de payloads et le triage des vulnérabilités. Toutefois, l'expertise humaine reste indispensable pour les failles de logique métier — manipulation de workflows de paiement, escalade de privilèges complexe — que l'automatisation ne peut détecter.
L'approche hybride combinant IA et pentesters experts, qualifiée de "centaur" par certains éditeurs, représente le modèle le plus efficace. Les tests manuels découvrent 20 fois plus de vulnérabilités uniques que l'automatisation seule sur les catégories de failles logiques.
2. Adversarial Exposure Validation : la nouvelle catégorie Gartner
Gartner a introduit en 2025 une nouvelle catégorie consolidant BAS, pentest automatisé et red teaming : l'Adversarial Exposure Validation (AEV). Cette convergence reflète l'évolution du marché vers des plateformes intégrées capables de délivrer des preuves continues et automatisées de la faisabilité des attaques. L'analyste prédit que 40% des organisations auront adopté des initiatives formelles de validation d'exposition d'ici 2027.
2.1 Intégration dans le framework CTEM
Cette évolution s'inscrit dans le cadre plus large du CTEM (Continuous Threat Exposure Management), le framework en cinq étapes — scoping, discovery, prioritization, validation, mobilization — qui structure désormais les programmes de sécurité matures. Le PTaaS et le BAS deviennent respectivement les outils de découverte et de validation au sein de ce cycle continu.
01
Scoping
Définition du périmètre et des assets critiques à protéger
02
Discovery
Cartographie de la surface d'attaque via ASM et PTaaS
03
Prioritization
Scoring contextuel CVSS + EPSS + criticité métier
04
Validation
Tests BAS et pentest pour prouver l'exploitabilité
05
Mobilization
Remédiation coordonnée avec les équipes métier
2.2 Plateformes unifiées AEV
Des acteurs comme NetSPI, Cymulate ou Picus Security proposent désormais des plateformes unifiant ASM (Attack Surface Management), PTaaS et BAS pour couvrir l'ensemble du spectre. Cette consolidation permet de :
Corréler les découvertes ASM avec les résultats de pentest
Valider automatiquement la détection des attaques par vos contrôles
Prioriser la remédiation sur des preuves d'exploitabilité réelle
Mesurer l'amélioration continue de votre posture de sécurité
Le cadre réglementaire européen crée une pression normative sans précédent qui rend la transition vers la validation continue inévitable pour des milliers d'organisations françaises. Deux textes majeurs structurent désormais les obligations de tests de sécurité.
3.1 DORA : obligations pour le secteur financier
Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), entré en application le 17 janvier 2025, constitue le texte le plus prescriptif pour le secteur financier. Il impose aux établissements de crédit, entreprises d'investissement, assureurs et prestataires de services crypto :
Tests de pénétration annuels sur les systèmes supportant des fonctions critiques
TLPT (Threat-Led Penetration Testing) tous les trois ans pour les entités systémiquement importantes
Phase de purple teaming obligatoire après chaque TLPT
Application du framework TIBER-EU mis à jour en février 2025
TLPT : une approche threat intelligence-driven
Le TLPT se distingue du pentest classique par son approche basée sur le renseignement sur les menaces. Il simule les tactiques, techniques et procédures d'acteurs malveillants réels ciblant spécifiquement l'organisation testée. La Banque de France, l'ACPR et l'AMF ont constitué l'équipe TCT-FR pour superviser ces tests en France.
3.2 NIS2 : élargissement massif du périmètre
La directive NIS2, dont la transposition française devrait être finalisée au premier trimestre 2026, élargit considérablement le périmètre des entités régulées — de 500 à environ 15 000 organisations en France. L'article 21 exige des procédures visant à évaluer l'efficacité des mesures de gestion des risques, incluant explicitement audits et tests techniques.
L'ANSSI prépare un référentiel d'une vingtaine d'objectifs de sécurité pour les entités essentielles. Point important : la norme ISO 27001 seule ne couvre que deux de ces objectifs, rendant les tests de validation indispensables.
3.3 Qualification PASSI et prestataires
Pour les organisations opérant dans des secteurs sensibles, le recours à des prestataires qualifiés PASSI (Prestataires d'Audit de la Sécurité des Systèmes d'Information) reste obligatoire pour les OIV et OSE, et fortement recommandé pour les futures entités NIS2. Environ 78 prestataires disposent de cette qualification en France début 2026.
4. Souveraineté et marché français
Le marché européen de la cybersécurité représente entre 67 et 76 milliards de dollars en 2024-2025, avec une croissance annuelle d'environ 12%. La France pèse entre 7 et 9 milliards de dollars, portée notamment par les secteurs finance (29% du marché) et les grandes entreprises (65% des dépenses).
4.1 Pénurie de talents et externalisation
La pénurie de talents — environ 15 000 postes non pourvus en cybersécurité en France — pousse les organisations vers des solutions externalisées comme le PTaaS. Cette tendance s'accélère avec la complexification des compétences requises : DevSecOps, cloud security, sécurité des API, testing IA.
4.2 CLOUD Act et souveraineté des données
La souveraineté des données constitue un enjeu majeur pour les décideurs français. Le CLOUD Act américain de 2018 permet aux autorités américaines d'accéder aux données stockées en Europe par des entreprises sous juridiction US, en conflit direct avec l'article 48 du RGPD. Meta a été condamné à 1,2 milliard d'euros en 2023 pour transfert inadéquat de données vers les États-Unis.
Données de vulnérabilités : un enjeu critique
Pour les rapports de pentest contenant des vulnérabilités critiques, la localisation des données et la juridiction du fournisseur deviennent des critères de sélection déterminants. Un acteur malveillant disposant de ces informations possède une roadmap d'attaque complète.
4.3 Acteurs français et européens
Les acteurs français et européens tels que Yogosha, YesWeHack, Bearops ou encore Patrowl proposent des alternatives aux plateformes américaines dominantes. Pour les organisations soumises à des contraintes réglementaires strictes, privilégier des fournisseurs basés et hébergeant leurs données dans l'Union Européenne, avec chiffrement côté client et contrôle des clés de chiffrement, devient une nécessité.
Gartner anticipe que 60% des services financiers adopteront des clouds souverains d'ici 2028, reflétant cette tendance de fond.
5. ROI et métriques de performance
Les études documentent un ROI supérieur de 96% pour le PTaaS par rapport au pentest traditionnel, principalement grâce à la réduction des coûts de 31% et l'amélioration du MTTR (Mean Time To Remediation).
5.1 Économies sur le cycle de vie des vulnérabilités
L'impact économique de la détection précoce est significatif :
Une vulnérabilité corrigée en phase de développement coûte 30 fois moins cher qu'après déploiement
Et 100 fois moins qu'après une violation
Coût moyen d'une breach : 4,88 millions de dollars globalement
Secteur santé : 9,77 millions de dollars par incident
5.2 MTTR : le défi de la remédiation
Le MTTR moyen pour les vulnérabilités critiques reste préoccupant : 65 à 74 jours en moyenne, alors que les attaquants peuvent compromettre un réseau en 4 jours. Les performances varient considérablement selon les secteurs :
Secteur
MTTR Moyen
Évaluation
Logiciel
63 jours
✓ Meilleure performance
Finance
68 jours
◐ Dans la moyenne
Santé
82 jours
✗ Amélioration requise
Construction
104 jours
✗ Critique
Facteurs d'amélioration du MTTR
Les organisations déployant une architecture Zero Trust réduisent leur temps de containment de 40 à 50%. L'intégration du threat intelligence améliore le MTTR de 28 à 35%.
5.3 Couverture et fréquence des tests
La couverture des tests reste insuffisante dans de nombreuses organisations :
32% des entreprises se contentent encore de tests annuels ou bisannuels
Les cycles de déploiement agiles rendent cette fréquence obsolète
Parmi les organisations ayant adopté des tests trimestriels : réduction de 42% des vulnérabilités non résolues en six mois
Environ 50% des vulnérabilités découvertes ne sont jamais corrigées
65% des organisations présentent au moins un finding critique répété entre deux tests
5.4 Priorisation et volume de CVE
Le volume croissant de CVE publiées, 40 009 en 2024 soit un record, crée un défi de priorisation. Seules 6% des CVE sont effectivement exploitées, rendant indispensable un scoring contextuel combinant CVSS, EPSS (Exploit Prediction Scoring System), criticité des assets et intelligence sur les menaces.
Les données Verizon DBIR 2025 révèlent que les vulnérabilités exploitées ont augmenté de 34%, atteignant 20% des vecteurs d'accès initial, avec une concentration sur les équipements edge et VPN (22% des exploitations contre 3% l'année précédente).
6. Construire votre stratégie de validation continue
Pour les DSI et RSSI français, la feuille de route doit s'articuler autour du framework CTEM comme structure organisationnelle. La transformation du pentest ponctuel vers la validation continue représente un changement de paradigme dans la gestion des risques cyber.
6.1 Les trois piliers de la stratégie
ASM
Cartographie continue de la surface d'attaque : assets exposés, shadow IT, environnements cloud
PTaaS
Validation des expositions critiques avec tests ciblés par des experts humains et IA
BAS
Validation continue des contrôles de détection 24h/24 alignée sur MITRE ATT&CK
6.2 Critères de sélection d'un fournisseur PTaaS
Les critères de sélection doivent inclure :
Souveraineté européenne des données et hébergement UE
Modèle hybride combinant automatisation et expertise humaine
Capacité prouvée à détecter les failles de logique métier
Intégrations CI/CD natives pour les équipes DevSecOps
Rapports compatibles NIS2 et DORA pour la conformité
Retests inclus sans surcoût
Communication directe avec les pentesters garantie
6.3 Budget et dimensionnement
Le budget à prévoir varie significativement selon la taille et le scope :
Taille organisation
Périmètre
Budget annuel
PME
Périmètre modéré
10 000 - 50 000 €
ETI
Multi-applications
50 000 - 100 000 €
Grande entreprise
Stack complet
> 100 000 €
Le modèle abonnement offre une meilleure prévisibilité budgétaire et encourage une fréquence de tests adaptée aux cycles de développement modernes.
6.4 Tendances technologiques 2026
Plusieurs évolutions technologiques méritent l'attention des décideurs :
IA agentique : systèmes autonomes orchestrant des campagnes de tests complètes (Strix, PentAGI, CheckMate)
Sécurité des API : 57% des organisations ont subi des violations liées aux API, 95% des CISO en font une priorité
Testing des systèmes IA : OWASP Top 10 for LLM comme référentiel, attaques par prompt injection en hausse de 540%
Prédiction Omdia 2026
D'ici 2026, le pentest devra évoluer vers une validation continue pilotée par l'IA, les algorithmes de machine learning orchestrant automatiquement des simulations en temps réel.
Points clés à retenir
Le PTaaS permet 10x plus de tests et une remédiation 2x plus rapide que le pentest traditionnel
Le BAS valide en continu que vos contrôles de sécurité fonctionnent effectivement
DORA impose des pentests annuels et des TLPT tous les 3 ans pour le secteur financier
NIS2 étend les obligations de tests à 15 000 entités françaises
La souveraineté des données de vulnérabilités est un critère de sélection déterminant
Les organisations adoptant le CTEM seront 3x moins susceptibles de subir une violation
FAQ
Questions fréquentes sur le PTaaS
Le PTaaS (Penetration Testing as a Service) fonctionne sur abonnement avec une plateforme SaaS centralisée, permettant des tests en continu ou à la demande avec visibilité temps réel. Le pentest traditionnel nécessite 3 à 6 semaines de cadrage, coûte entre 10 000 et 100 000 € par engagement, et délivre un rapport PDF statique. Gartner estime que le PTaaS permet 10 fois plus de tests et une remédiation 2 fois plus rapide.
Le BAS est une technologie qui valide en continu l'efficacité de vos contrôles de sécurité (EDR, SIEM, pare-feux) en simulant des comportements d'attaque alignés sur le framework MITRE ATT&CK. Contrairement au PTaaS qui cherche à pénétrer vos systèmes, le BAS vérifie que vos défenses détectent et bloquent effectivement les attaques, 24h/24 sans expertise humaine permanente.
Le règlement DORA, applicable depuis le 17 janvier 2025, impose aux entités financières des tests de pénétration annuels sur les systèmes supportant des fonctions critiques. Les entités systémiquement importantes doivent également réaliser des TLPT (Threat-Led Penetration Testing) tous les trois ans selon le framework TIBER-EU, avec une phase de purple teaming obligatoire après chaque test.
Les rapports de pentest contiennent des vulnérabilités critiques qui constituent une roadmap d'attaque pour un acteur malveillant. Le CLOUD Act américain permet aux autorités US d'accéder aux données stockées par des entreprises sous juridiction américaine, en conflit avec le RGPD. Privilégier des fournisseurs européens hébergeant les données dans l'UE avec chiffrement côté client protège ces informations sensibles.
Le budget varie selon la taille et le périmètre : 10 000 à 50 000 € annuels pour une PME avec périmètre modéré, 50 000 à 150 000 € pour une ETI, et plus de 150 000 € pour une grande entreprise couvrant l'ensemble de son stack. Le modèle abonnement offre une meilleure prévisibilité et encourage une fréquence de tests adaptée aux cycles DevOps.
L'AEV est une nouvelle catégorie définie par Gartner en 2025 qui consolide le BAS, le pentest automatisé et le red teaming. Elle désigne les plateformes intégrées capables de délivrer des preuves continues et automatisées de la faisabilité des attaques. Gartner prédit que 40% des organisations auront adopté des initiatives formelles d'AEV d'ici 2027.
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